Aspects psychologiques de la stérilisation(Non publié)

Non publié

Le choix de la stérilisation.

C’est surtout depuis la fin des années 60 que la stérilisation féminine est devenue une méthode de contraception de plus en plus répandue dans le monde : c’est actuellement au niveau mondial la méthode la plus courante chez les femme d’un certain âge.

Le nœud psychologique de la décision de stérilisation doit être constitué par son caractère de permanence. La femme doit décider qu’elle ne veut plus d’enfants, ni maintenant ni dans le futur.

Au premier abord prendre cette décision peut paraître considérable pour une femme qui à 25 ou 30 ans, mais la plupart des femmes qui demandent la stérilisation ont déjà par le passé utilisé des moyens de contrôle de leur fertilité et désirent continuer à le faire.

Les femmes qui ont eu le nombre d’enfants qu’elles désirent et qui considèrent que leur famille est suffisamment grande peuvent avoir une quinzaine d’années de fertilité devant elles.

Les facteurs psychologiques et sociologiques qui influencent le choix ou le refus d’une telle méthode sont multiples et s’entrecroisent, nous n’en verrons que quelques uns.


1) choix de cette méthode:


- forte diminution de la taille de la famille moyenne,

- réticence accrue vis à vis de la contraception orale,

- méthode simple et sûre,

- conseil du médecin,

- pressions de l’entourage,

            motifs cachés ou inconscients (réparer une difficulté sexuelle, régler un conflit conjugal…)


2) refus de la méthode :


- peur de l’anesthésie,

- peur de l’intervention chirurgicale,

- peur de la douleur postopératoire,

- refus d’une hospitalisation,

- crainte d’une perte de la libido et de difficultés sexuelles,


2. Les effets psychologiques de la stérilisation.


Il n’existe pas actuellement de méthode fiable pour identifier quelles seront les femmes qui regretteront leur choix ou qui éprouveront des troubles psychologiques ou psychiatriques consécutifs à la stérilisation.




1) Les regrets :

En général, les femmes sont satisfaites de leur décision se s’être fait stériliser.

Les études consacrées aux séquelles de la stérilisation montrent un taux de regret  compris entre 3 et 13%.

1) Les regrets peuvent porter sur certaines préoccupations relatives à la fertilité perdue (une mère va désirer un autre bébé quand son enfant le plus jeune commence à aller à l’école),  aux modifications des cycles menstruels, à des problèmes d’ordre sexuel, à la mauvaise santé en général ou à des doutes de nature morale.

2) Lorsque les regrets surviennent, c’est le plus  fréquemment peu de temps après l’opération mais ils  sont temporaires et semblables à la réaction face à toute décision qui engage l’avenir.

3) Lorsque la stérilisation résulte d’un choix librement consenti et réfléchi, les séquelles psychologiques  sont nulles ou fort peu négatives.

4) Les regrets peuvent par contre résulter d’une modification des circonstances ou des événements de la vie : déménagement, divorce, remariage, mort d’un enfant…

Ce sont ces situations qui conduisent le plus souvent à des demandes de reperméabilisation.


2) Les troubles psychologiques

Se faire stériliser c’est perdre l’une des fonctions de son corps, c’est perdre l’image de son propre corps et certaines femmes peuvent  vivre  cette expérience comme un véritable deuil. Il s’agit d’un mécanisme le plus souvent transitoire mais qui peut déboucher sur de véritables troubles de l’identité. Dans ces cas, la stérilisation affectera non seulement la manière dont la femme s’implique vis à vis de ses enfants, de son conjoint et de ses parents mais aussi son identité sexuelle. Ces décompensations sont rares.

Lors d’une consultation il est malheureusement difficile d’identifier les patientes à risque de troubles psychologiques.


(suite en cours)

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