Recopie de l’article «Tousser...» sur le site de l’association Grégory Lemarchal

Tousser, cracher, respirer.
Impact psychologique de la respiration et de l’expectoration dans la mucoviscidose.



Recherche à l'attention du corps médical

par D. Suzanne, K. Dieckmann, C. Lefranc, C. Maurage, J-C. Rolland




RÉSUMÉ

Les patients atteints de mucoviscidose ont, chaque jour, l'obligation vitale de cracher. Ils doivent fournir un effort physique et psychologique important, surmonter la honte, le dégoût, le regard des autres et l’épuisement.
L'étude s'attache à analyser d'où proviennent les peurs et les dégoûts liés au crachat et à comprendre les connotations actuelles et anciennes, sociales, culturelles et psychologiques de l’expectoration de l’air et du souffle. Le dégoût s'apprend, il se désapprend également. Il vient combattre l'érotisme oral pour assurer à l'individu son entrée dans le monde social adulte. De même, la fonction respiratoire et ses composantes : l’air, le souffle, le poumon, ont de nombreuses connotations symboliques qui leur confèrent une place importante dans la dynamique psychologique individuelle. Pour les patients atteints de mucoviscidose, cracher, est un interdit social et culturel, signe d'injure et de mort ; mais cracher exprime surtout la lutte contre la maladie et pour la vie. C’est pour eux une grande jouissance de retrouver le souffle après une transplantation pulmonaire.
Cette analyse peut aider les soignants à mieux comprendre et maitriser leurs propres attitudes et comportements vis à vis des crachats et ainsi, à mieux soigner les patients atteints de mucoviscidose.

©Daniel 2017