La vie psy


Aux Etats-Unis, des psys au service de la torture

Unknown


19/04/2016

Aux Etats-Unis, des psys au service de la torture

Une philosophe de New York fait trembler de rage le gotha de la psychologie américaine. En cause, un article au vitriol qu’elle a écrit dans la New York Review of Books. Elle y détaille la collusion entre d’éminents psychologues et la CIA sous l’administration Bush et en profite pour se moquer des prétentions de ces scientifiques à explorer et à régenter les ressorts de la morale. Steven Pinker (Comprendre la nature humaine), Jonathan Haidt (l’Hypothèse du bonheur), Martin Seligman (la Force de l’optimisme) l’accusent en retour d’incompétence, de manipulation des textes, d’amalgames hâtifs, de diffamation, et jugent son comportement «indigne d’une philosophe». La blasphématrice persiste, signe et en rajoute.

Auteure d’un livre salué par la critique sur le scepticisme de Nietzsche, Tamsin Shaw s’est emparée d’un volumineux rapport publié en juillet 2015 sur l’implication de la puissante Association américaine de psychologie (APA) dans le programme de torture de la CIA après les attentats du 11 septembre 2001. Deux mois après les attentats, l’APA avait adopté une «résolution sur le terrorisme». Dans les jours qui suivirent se tint au domicile de Martin Seligman une réunion d’éminents professeurs en présence de Stephen Band, chef de l’Unité des sciences du comportement du FBI, et de Kirk Hubbard, chef d’une unité comparable de la CIA. Etait aussi présent le psychologue James Mitchell, qui sera avec son collègue Bruce Jessen l’un des deux architectes du programme de torture de la CIA. Tamsin Shaw observe que ce programme était largement fondé sur la théorie dite de «l’induction de détresse» développée par Seligman dès les années 60. Celui-ci avait montré qu’en administrant à des chiens des chocs répétés auxquels ils ne pouvaient se soustraire, les animaux entraient dans un état de passivité. En 1998, Seligman, alors président de l’APA, fondera le mouvement de la psychologie positive, sorte d’avatar du réarmement moral fondé sur la science.

L’année suivant la réunion chez Seligman, en 2002, l’APA modifia ses règles éthiques pour autoriser les psychologues à participer à la conception et à la supervision des interrogatoires. Si un psychologue était confronté à un conflit entre le code éthique de l’APA et une injonction émanant de la puissance publique, il pouvait se conformer à l’injonction. Cette même année, Seligman donna une conférence sur l’induction de détresse à San Diego, à l’invitation de la CIA, dans les locaux de l’agence militaire SERE, spécialisée dans l’étude de la torture et la formation aux moyens d’y résister. L’induction de détresse faisait partie des enseignements obligatoires des militaires recevant une formation au SERE. James Mitchell y avait été instructeur avant de rejoindre la CIA. En juillet 2004, après le scandale Abou Ghraib, les dirigeants de l’APA ont convié à huis clos les psychologues travaillant pour la CIA, le Pentagone et les autres agences de sécurité pour fournir des données permettant de réfléchir à la manière dont l’association pouvait gérer ce type de «sujet éthique de caractère unique». Il s’ensuivit, en 2005, un rapport autorisant les psychologues impliqués dans le programme de torture de l’administration Bush à continuer à le faire.

Mitchell et Jessen ont reçu au total 81 millions de dollars. En 2009, Seligman fut nommé à la tête d’un programme de 125 millions de dollars destiné à promouvoir la «résilience» des militaires au combat. Il conçut à cette occasion une échelle graduée permettant de mesurer ladite résilience. L’année suivante, son laboratoire, le Centre de psychologie positive de l’université de Pennsylvanie, bénéficia d’un contrat de 31 millions de dollars du ministère de la Défense.

Commentant ce dévoiement de l’establishment scientifique de la psychologie américaine, Shaw rappelle cruellement le résultat d’une étude de 2015 montrant que plus de 60 % des articles scientifiques publiés dans les meilleures revues de psychologie reposent sur des méthodes fautives, voire frauduleuses.

Olivier Postel-Vinay Fondateur et directeur du magazine «Books»

Pour une revalorisation des salaires des psychologues de la fontion publique

Pour une revalorisation des salaires des psychologues de la fontion publique

Actualités professionnelles le 1 avril 2016

"Revalorisation du traitement des psychologues !

(..) Pour mémoire, les traitements des psychologues exerçant dans la Fonction publique n’ont pas été revalorisés depuis 25 ans !

En 2016 voici la réforme* que le gouvernement nous impose.

Une refonte des grilles va entraîner pour les psychologues à l’horizon 2019 l’illusion d’une augmentation de :

  • + 7,2 % en début de carrière (estimation d’un indice majoré à 390), soit environ 130€/mois
  • + 2,9 % en fin de carrière (estimation d’un indice majoré hors classe à 806), soit environ 80€/mois

Mais un véritable tour de passe-passe, incluant la prime dans le salaire mensuel, va entrainer, in fine une perte de salaire d’environ :

  • 0,3% en début de carrière soit – 4€/mois
  • 4,6% en fin de carrière, soit – 150€/mois."

Un exemple proposé par Gilles Métais et Isabelle Seff co-animateur du collectif des psychologues :

"Prenons le bulletin de salaire d’un(e) psychologue titulaire de classe normale :
- Au premier échelon, indice majoré 349, elle / il reçoit 11,54 € brut de l’heure et débute à 1615,97 € brut, avec la nouvelle grille elle / il touchera 1615,97€ + 7,2% soit 116,35 = 1732,32€ brut.

- En fin de classe normale à l'indice 658 elle / il recevra 3046,74€ + 2,9% soit 88,35 € = 3135,09€ brut.

- La prime de fin d'année complète ce salaire d’un treizième mois environ en fin de carrière, les contractuels ne perçoivent pas la prime (sauf en cas de très rares accords locaux).

Avec « l’intégration » de la prime dans le salaire cette augmentation se trouve annulée, ce sera comme si en 2019 la / le titulaire démarrait toujours à 1615,97 € brut, et si elle / il finissait sa carrière à 3046,74€ brut ceci grâce au jeu des indices. Nous aurons régressé au lieu de progresser !"

 

La refonte des grilles cumulée au gel du point d’indice depuis 2010 entraine l'équivalent d'une diminution proportionnelle de salaire de 5% en 5 ans. Ce qui équivaut pour un-e psychologue débutant-e une perte cumulée de salaire de 1000 euros par an !

Le collectif de psychologues UFMICT-CGT invitent l'ensemble des psychoogues à exiger du gouvernement en signant cette pétition, une véritable revalorisation de leur salaire à la hauteur de leurs missions et de leur niveau de responsabilités.

Pour signer la pétition

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Le syndrome du « coeur heureux »

Le journal de toutes les psychologies

Encyclopédie / Livres / Agenda / Newsletter / Exprimez-vous / Aide

Le syndrome du « coeur heureux »

Léa Sorel

Article modifié le 10/04/2016

On sait que les émotions fortes et négatives telles que la peur, la colère ou le chagrin ne sont pas franchement bénéfiques à la santé de notre petit cœur, littéralement parlant. D’où l’appellation du syndrome du « cœur brisé » ou syndrome de Takotsubo (qui est le nom japonais d’un piège à poulpes). Or, saviez-vous que les émotions fortes et positives présentaient, elles aussi, un danger pour notre santé cardiaque ? Nous, on l’ignorait…

Une équipe de chercheurs suisses, œuvrant à l’hôpital universitaire de Zurich, s’est demandé si les émotions positives pouvaient également déclencher un syndrome de Takotsubo (dit TTS), en gros si un évènement trop agréable (anniversaire, victoire, mariage…) pouvait finir par engendrer un stress négatif pour la personne qui le vit. Pour ce faire, les auteurs ont décortiqué les dossiers de 1750 patients ayant souffert d’un TTS, données recueillies à l’International Takotsubo Registry. Pour 485 d’entre eux, un évènement fut clairement identifié comme déclencheur du syndrome, tel un déclic émotionnel. Pour 465 d’entre eux, soit 95,9%, il s’agissait d’un évènement douloureux : le décès du conjoint, d’un ami ou de son enfant, la perte de son domicile, l’annonce d’une maladie, la survenue d’un accident… Or, pour 20 de ces patients, soit 4,1%, il s’agissait au contraire d’un évènement fort agréable : un anniversaire, le mariage d’un fils, un entretien d’embauche réussi, une fête familiale, la naissance d’un petit-fils ou petite fille… ! Du point de vue clinique, les symptômes de douleur de poitrine étaient observés chez les deux types de patients. Que l’évènement soit heureux ou douloureux, un stress négatif était venu affaiblir les muscles cardiaques et entraîner une déformation du ventricule gauche, dont l’apparence s’apparentait alors au fameux piège à poulpes japonais. Ce syndrome serait particulièrement présent chez les femmes d’un certain âge, avoisinant les 65-70 ans. Ces données ouvrent la voie à de nouvelles investigations, notamment sur la manière dont notre système nerveux central traite les émotions, aussi bien positives que négatives.

Jelena R. Ghadri and al. (2016) Happy heart syndrome: role of positive emotional stress in takotsubo syndrome. European Heart Journal. First published online. DOI: http://dx.doi.org/10.1093/eurheartj/ehv757 ehv757 

Des idées reçues sur la psychologie

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janvier 2016

Sciences

A l’encontre des idées reçues sur la psychologie

Dominik Joswig

Les personnes au physique avantageux, les seniors et les fans de Facebook

Susanne Donner

Il existe une telle pléthore de mythes en psychologie qu’il faut forcément se restreindre pour faire un choix. Et tant qu’à faire, autant se limiter arbitrairement à deux minorités (les seniors et les beaux) et à un mouvement de masse (les utilisateurs de Facebook).

Physique avantageux, vraiment un avantage ?

Selon les psychologues, les individus au physique avantageux s’en sortent plutôt bien à de nombreux égards. Par rapport aux autres, ils passent pour être de meilleurs interlocuteurs, plus performants et davantage à même de s’imposer. Ils obtiennent plus souvent une promotion et gagnent mieux leur vie. En d’autres termes, ils ont plus de chance. Cela dit, deux études datant respectivement de 2010 et de 2011 révèlent que certaines expériences portant sur l’impact de l'apparence étaient trop superficielles. Dans le cadre de deux études germano-américaines, quelque 3 000 étudiants ont examiné des dossiers de candidature comportant une photo. Les examinateurs avaient certes tendance à donner la préférence aux candidats ayant un visage avenant, mais uniquement lorsqu’ils appartenaient au sexe opposé. Les chercheurs de l'équipe de la psychologue Maria Agthe supposent que les personnes ayant une belle apparence suscitent l’envie ou sapent la confiance en soi des autres. Au vu de ce qui précède, les beaux gosses auraient intérêt à se rendre à un entretien d’embauche mal rasés et les cheveux en bataille s’ils ont rendez-vous avec un homme.

Cela dit, il n’existe pas de préparation parfaite à ce type d’entretien. Car les recherches les plus récentes révèlent que la beauté réside bien plus qu’on ne le pensait dans le regard de l’observateur. Certes, un visage aux traits réguliers et symétriques est communément considéré comme plus esthétique ; mais de là à déterminer quel type de visage accroche le plus le regard, c’est une autre paire de manche. Et même les vrais jumeaux ne sont pas d’accords. Ce constat, communiqué en 2015 par Laura Germine du Massachusetts General Hospital de Boston et de la Harvard University, a surpris tout le monde. Le parcours de vie individuel d’une personne, comme par exemple la physionomie de son premier amour, pourrait expliquer ces divergences en termes de canons de beauté. Et pour revenir à notre entretien d’embauche, qui connaît les ex de son chef potentiel, et a fortiori les traits de leur visage ? On ne peut donc pas prédire si l’apparence d’un candidat suscitera l’envie ou la sympathie du recruteur. 

Pour vivre vieux, vivons  ronchon?

A en croire la psychologie de comptoir, les optimistes seraient également fort bien lotis car la « pensée positive » et le « pouvoir des bonnes pensées » permettrait de surmonter tous les problèmes. Or, ce principe ne s’applique pas ou peu aux plus de 65 ans. C’est du moins ce qui ressort d’une étude de 2013 menée auprès de 30.000 personnes en Allemagne. En effet, les seniors qui ont une vision particulièrement positive de l’avenir tombent plus souvent malades et meurent plus tôt. Le risque de décès prématuré est même supérieur de 10 % à celui des pessimistes. Pourquoi donc ? Selon le psycho-gérontologue Frieder Lang de l’université d’Erlangen-Nuremberg, les pessimistes se préoccupent davantage de leur santé car ils s’attendent toujours au pire.

Rien ne se joue plus après 70 ans ?

Les aînés ont également surpris les psychologues sur un autre point, qui ressort également de l’étude menée auprès de 30.000 répondants. On pensait jusqu’ici que la personnalité humaine arrivait à maturité vers 30 ans et qu’après, elle n’évoluait plus que très peu, indépendamment des changements de postes, décès, mariages, divorces, naissances. Or, à partir de 70 ans, le caractère d’un senior sur quatre change de façon radicale. Des personnes colériques deviennent douces comme des agneaux alors que d’autres qualifiées de bonnes pâtes se transforment en empêcheurs de tourner en rond. Des gens dépourvus de curiosité goûtent tout d’un coup leur premier verre de gin ou décident de partir en croisière. Les raisons de ces changements restent mystérieuses, même pour l’équipe de chercheurs de la psychologue Jule Specht de l’Université libre de Berlin, qui a dirigé la publication des résultats de l’étude en 2014. La seule chose dont les scientifiques sont sûrs est que ça n’a rien à voir avec la retraite, les petits-enfants ou la déficience fonctionnelle.

Du coup, ne vous étonnez pas si Papi et Mamie, qui ont été réfractaires toute leur vie à la technique, achètent tout d’un coup un smartphone. Ils changent, tout simplement. Alors que nous-mêmes nous accrochons désespérément à nos bonnes résolutions du Nouvel An pour arriver enfin à changer nos habitudes : grignoter moins de chocolat, moins regarder la télé ou passer moins de temps sur Facebook.

Des antisociaux sur les réseaux sociaux ?

A ce propos, les psychologues se sont aussi intéressés aux réseaux sociaux pour savoir quels types de personnes y étaient les plus actives. On pourrait penser que tout le monde est potentiellement concerné mais c’est faux. Les plus actifs sont des narcissiques qui aiment se mettre en scène et surtout poster des selfies. Selon une étude menée en 2015 par Jesse Fox, une spécialiste du comportement de l’Université d’Ohio, et qui portait sur 800 internautes masculins et sur leur page perso, ces hommes seraient même enclins à des comportements antisociaux voire psychopathes. Attention aux narcissiques du sexe dit fort sur le Web, pourrait-on en déduire. Or, la chercheuse ne s’est pas penchée sur les femmes. Il pourrait donc y avoir autant de personnes imbues d’elles-mêmes parmi le beau sexe. Sans oublier que « qui se ressemble s’assemble », un adage qui n’a pas été remis en question pour l’instant par la recherche en psychologie.

Les psychologues experts oubliés !

Les psychologues experts oubliés !

Les psychologues experts sont absents de la liste des collaborateurs occasionnels à l'exécution d'une mission de service public à caractère administratif au sens des dispositions du 21° de l'article L. 311-3, telle que cette liste est établie par le décret n° 2015-1869 du 30 décembre 2015 relatif à l'affiliation au régime général de sécurité sociale de ces collaborateurs !

C‘est inadmissible !

En effet l’absence des psychologues dans cette liste a pour effet  de modifier profondément le statut social des psychologues pratiquant des expertises et d'entraîner en conséquence une "diminution drastique" de leurs émoluments déjà indécents !

Le premier ministre doit faire corriger ce décret !

Le SNP exige une réécriture de ce décret et la prise en compte du travail des psychologues experts. Si ce n’était pas le cas la contribution essentielle des psychologues experts ne pourrait perdurer plus longtemps !

Blue Monday

Et vous, êtes-vous touchés par la grande déprime du Blue Monday ? 

Société  - Modifié le 18/01/2016 à 15:14 | Publié le 18/01/2016 à 14:25 

Ce lundi 18 janvier est censé être le jour le plus déprimant de l'année. Un scientifique en a même fait en 2005 une formule mathématique. La toile préfère s'en amuser.

Le bon sens aurait pu suffire. Mais un scientifique a formalisé tous les ingrédients de cette déprime dans une formule. Cette équation est le fruit des cogitations de Cliff Arnal, psychologue de l’université de Cardiff. Une trouvaille qui date de 2005. 

Au fil des années, d'autres scientifiques et psychologues ont planché sur ce Blue Monday. Mais rappelons tout d'abord que c'est une compagnie aérienne, la Sky Travel, qui avait en 2005 commandité les travaux de Cliff Arnal. Histoire sans aucun doute, de doper les réservations de voyage par les gens déprimés en ce mois de janvier.

En attendant, beaucoup sur les réseaux préfèrent aujourd'hui ... rire du Blue Monday. Twitter dit depuis ce matin son scepticisme; et offre de nombreuses parades à la déprime ambiante.

Si la musique adoucit les moeurs, elle peut aussi apaiser la douleur !

Si la musique adoucit les moeurs, elle peut aussi apaiser la douleur !

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Soulager la douleur et l'anxiété grâce à la musique : la piste paraissait hasardeuse il y a quelques années, mais elle est aujourd'hui un outil thérapeutique reconnu. Précurseur dans le domaine, le musicothérapeute Stéphane Guétin travaille depuis plusieurs années sur une méthode de musicothérapie standardisée pour soulager les patients atteints de maladies douloureuses chroniques. 

(82261093)

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

Mis à jour le 31/07/2015 | 11:17 , publié le 29/07/2015 | 13:08

  • De plus en plus d'hôpitaux font appel à la musique pour aider leurs patients à surmonter leur souffrance, soulager leurs douleurs ou à apaiser leur anxiété. Ce credo, c'est aussi celui de Stéphane Guétin, musicothérapeute et docteur en psychologie clinique. Convaincu des bienfaits thérapeutiques de la musique et épaulé par une vingtaine d'équipes universitaires et d'instituts de recherche dans le monde, il s'applique depuis 2003 à mettre au point un protocole standardisé de musicothérapie, permettant de soulager les patients.

La thérapie repose sur une technique réceptive, basée sur l'écoute d'une mélodie et sur les mécanismes psycho-physiologiques qui l'accompagnent. Chacune des séquences musicales est ainsi particulière, et adaptée à l'effet thérapeutique désiré. Pour soulager les douleurs, les morceaux, qui durent vingt minutes chacun, suivent ainsi une "séquence en U". Ce nom traduit les variations rythmiques du morceau au cours du temps. En début de séquence, la musique suit un tempo relativement rapide, pour être en phase avec les pulsations cardiaques des patients (environ 80 battements/min.). Puis le tempo ralentit progressivement, abaissant avec lui le rythme cardiaque, jusqu'à ce que le patient atteigne un état de relaxation. Après quelques minutes, le tempo remonte, toujours de manière progressive, pour aider le patient à reprendre conscience jusqu'à la fin du morceau. C'est la phase d'éveil.

Selon le type de séquence, l’effet obtenu sur l’organisme est différent

Si le musicothérapeute n'est pas l’inventeur du fameux montage - les premières traces remontent aux années 1970 - il s'est en revanche chargé de démontrer scientifiquement son efficacité et de le standardiser, afin de le rendre facilement reproductible. Assisté notamment par l'unité Inserm 1061 du CHRU de Montpellier, spécialisée dans l'étude des troubles neuropsychiatriques, il a mis au point d’autres séquences musicales afin de varier les effets thérapeutiques. Pour un effet endormant, seule la première phase du montage en U, dans laquelle le tempo diminue progressivement, sera utilisée. A l'inverse, pour un effet dynamisant, un morceau dont le tempo augmente progressivement (comme dans la phase d'éveil) sera privilégié.

Depuis le début de ces recherches, une trentaine d'études ont été publiées. L'une d'entre elle a été menée en 2012 sur 87 patients présentant des lombalgies, des fibromyalgies et d'autres pathologies inflammatoires et neurologiques. Parmi eux, 44 ont bénéficié à domicile de la musicothérapie durant 60 jours. Résultats : ils ont montré une baisse de 50% de la douleur, avec un effet de maintien après le traitement, par rapport au reste du groupe n'ayant pas suivi la musicothérapie.

La musique active les molécules du bien-être

Toutefois, la réussite de la technique repose également sur l'aspect affectif qui est associé à la musique. "Ce qui est important, c'est la recherche du plaisir du patient " souligne Stéphane Guérin. En effet, "la musique stimule la production d'endorphines, qui sont des antidouleurs naturels, ainsi que la production de la dopamine qui active les zones de récompense du cerveau" explique le musicothérapeute. En somme, c'est tout le circuit neuronal du plaisir qui s'active lorsque l'on écoute une musique plaisante ! Mais les goûts musicaux étant très subjectifs, "il faut cibler les régions cérébrales du plaisir chez le patient, en fonction de sa culture et de son histoire, ce qui permet de faire appel à une vie autobiographique". Il faut donc proposer des morceaux adaptés aux goûts musicaux de chacun, ce qui est rendu possible par une auto-évaluation préalable.

Chez les patients comme chez les soignants, cette méthode de musicothérapie a été particulièrement bien acceptée. Le Dr Patrick Giniès, chef de service du Centre d'évaluation et du traitement de la douleur au CHRU de Montpellier, travaille depuis une douzaine d'années avec Stéphane Guétin. Son service accueille des patients souffrant de douleurs chroniques suite à des cancers, de multiples opérations, ou des migraines récurrentes. "Ce sont des patients chez qui on ne peut plus soulager la douleur, et qui se trouvent dans une impasse pharmacologique, chirurgicale et surtout psychologique", explique-t-il. Selon lui, les séances de musicothérapie, que suivent une à deux fois par jour environ 80% des patients du service en complément des autres soins, leur permet de devenir acteur de leur thérapie. "Elle est utilisée de manière standardisée et automatique, à la manière d'un médicament, tout en permettant la responsabilisation du patient qui choisit lui même sa palette de soins à travers le choix de la musique",conclut le médecin.

Alzheimer, troubles du sommeil : des applications multiples

Les bienfaits de la thérapie ne concernent pas seulement la réduction de la douleur et de la consommation de médicaments. Utilisée chez des malades d'Alzheimer, elle permet de réduire les troubles du comportement en diminuant leur agitation et en améliorant leur sommeil. Par ailleurs "les résultats sur les traitements des migraines sont très intéressants", explique Stéphane Guétin, qui souhaiterait également travailler avec des patients en état végétatif. "Les applications médicales sont donc larges, d’autant plus qu’avec les moyens d’imagerie actuelle, il devient beaucoup plus facile de contrôler l’efficacité du traitement", souligne-t-il.

Ces résultats prometteurs, ont permis au musicothérapeute de créer en 2008 la société MUSIC CARE. Elle propose aux hôpitaux une application pour tablettes et smartphones permettant de suivre le programme de musicothérapie, ainsi qu'une formation adéquate à destination du personnel soignant.

Moyennant une licence, l'établissement de santé peut faire bénéficier à ces patients de la thérapie sur place puis, s'ils le souhaitent, à domicile. L'application, nominée aux Victoires de la médecine 2010, a déjà séduit une centaine d'hôpitaux en France. Une autre application (48 heures d'essai gratuit) est également disponible pour tous, mais son rôle est surtout préventif plus que thérapeutique. Petit "plus" proposé par Music Care : tous les morceaux - il y en a une trentaine, de tous les styles - sont composés par de grands noms de la musique : du jeune pianiste David Bismuth à Vin Gordon, pionnier du reggae jamaïcain et collaborateur de Bob Marley.

par Martin Saumet journaliste à la rédaction d'Allodocteurs.fr

La musique stimule la sécrétion d'antidouleurs naturels par le cerveau

Chaleurs

La chaleur des relations sociales serait plus qu'une métaphore, selon une étude, publiée dans la revue Psychological Science, qui montre que les régions du cerveau impliquées dans la perception de la chaleur physique sont également impliquées dans les expériences sociales réconfortantes.

Les psychologues Tristen Inagaki et Naomi Eisenberger de l'Université de Californie à Los Angeles ont mené cette étude avec des participants qui, allongés dans un appareil d'imagerie par résonance magnétique (IRM), devaient lire des messages positifs (par exemple, "Quand je suis complètement perdu, tu es la personne vers qui je me tourne") ou neutres (par exemple: "Tu as les cheveux bouclés") provenant d'amis proches alors qu'ils tenaient une balle à température ambiante ou un pack chaud.

En évaluant leur expérience par la suite, les participants ont rapporté se sentir plus connectés socialement quand ils tenaient le pack chaud comparativement à la balle. Ils ont aussi rapporté une plus grande sensation de chaleur après avoir lu les messages positifs comparativement aux messages neutres.

Les images cérébrales montraient que la chaleur physique et la chaleur sociale partageaient des mécanismes neuronaux qui se chevauchaient dans l'insula moyenne et le striatum ventral.

Ces résultats appuient l'hypothèse selon laquelle le système neurobiologique répondant aux relations sociales s'est superposé à celui répondant à la chaleur physique au cours de l'évolution humaine, ce qui a contribué à favoriser la recherche de connexions sociales et à renforcer ces expériences au fil du temps.


Le sentiment de puissance plus fort que les préjugés

Le sentiment de puissance plus fort que les préjugés

http://www.santelog.com/


Actualité publiée le 11-04-2013

Personality and Social Psychology Bulletin

Deux influences sociales s’affrontent, selon ces chercheurs en sociologie de l’Indiana, la capacité personnelle et les préjugés subis. Cette étude en psychologie sociale de l'Université d'Indiana à Bloomington suggère que se sentir fort, capable ou puissant protège contre les stéréotypes et les préjugés négatifs et suggère que les échelles d’évaluation de performance, cognitive par exemple, peuvent être biaisées par des facteurs sociaux qui, à un moment donné, devraient être pris en compte.

Katie Van Loo, psychologue au Département des sciences psychologiques et neurologiques de l’Université d‘Indiana suggère que le sentiment de pouvoir est capable de prendre le dessus sur les effets insidieux des préjugés sociaux. Elle prend l’exemple des maths et cette idée stéréotypée qui consiste à dire que les femmes ne peuvent pas faire de mathématiques. Ce seul préjugé prive certaines femmes de leurs capacités. D’autres psychologues ont étudié ce phénomène du stéréotype social et ont mis en évidence son impact dans des domaines très variés, comme les compétitions sportives ou les passages d’examens.

À l'autre extrémité, le sentiment de puissance ou de capacité, qui confère un sentiment de liberté et de contrôle sur ses ressources cognitives, psychologiques et physiques et ouvre la voie à des performances optimales. C’est un facilitateur de l'action individuelle. Le chercheur –qui est une femme- a donc cherché à savoir si un sentiment de puissance pouvait préserver les femmes d’une perte de ressources cognitives dans des situations à préjugés.

 

C’est une série de 3 expériences.

·         Dans la première, en utilisant une technique appelée amorçage sémantique, les participants ont reçu des ensembles de cinq mots dans le désordre, chacun contenant un mot lié au pouvoir («dominant» ou «contrôle» vs «subordonné» et «dépendance») et devaient former une phrase avec ces mots. Cette première étape avait pour objectif de mettre une partie des participantes en situation d’inconfort, comparable à celle ressentie en cas de stéréotype social.  Ensuite les participants étaient soumis à un test de mathématiques dont les instructions évoquaient soit un stéréotype négatif sur les femmes et les maths soit étaient tout à fait neutres.

·         La deuxième expérience consistait à rédiger une petite rédaction portant sur un incident au cours duquel les participants avaient eu ou perdu le contrôle de la situation. Puis, à nouveau le petit test de maths.

·         La troisième expérience portait sur la capacité de mémoire de travail, qui permet de stocker des informations et de les analyser. Les participants devaient accomplir une tâche de mémorisation en rappelant les trois dernières lettres d’une série. Puis, à nouveau le petit test de maths.

 

Chaque expérience aboutit aux mêmes conclusions. Se sentir puissant, protège le sujet, en dépit des préjugés et le garde des déficits de capacité de sa mémoire de travail. Ainsi, les femmes qui se sentent et ont été évaluées comme ayant ce sentiment de capacité obtiennent de meilleurs résultats, en dépit d’« un conditionnement » qui peut être négatif. En bref, lorsque les femmes se sentent capables, elles expriment librement leurs capacités quelle que soit la menace du stéréotype social.

Ces quelques résultats mettent en évidence les risques de l'utilisation d’échelles de performancespour évaluer les capacités de personnes appartenant à des groupes stéréotypés négativement, sans prendre en considération, à aucun moment, d'autres facteurs environnementaux qui peuvent influer sur la performance. Et se donner un sentiment de pouvoir et de confiance, avant de passer une épreuve peut contribuer à libérer ses capacités.

Source: Personality and Social Psychology Bulletin doi: 10.1177/0146167209355062 On the Experience of Feeling Powerful: Perceived Power Moderates the Effect of Stereotype Threat on Women's Math Performance (Visuel© Jeanette Dietl - Fotolia.com)

Des idées préconçues au sein d'un groupe

Par: Sophian Bourire 
10/04/13 - 13h15

© Thinkstock.

D'après les études des psychologues, il est étonnamment facile de développer des idées préconçues au sein d'un groupe, écrit la BBC.

Un des aspects les moins charmants mais néanmoins persistants dans la nature humaine est notre capacité à détester les personnes différentes de nous. Racisme, sexisme, âgisme; il semble que les principaux groupes sociaux ont leur propre "-isme", chacun alimenté par l'intolérance et des préjugés regrettables.

Notre tendance à nous regrouper est si forte que, semble-t-il, la psychologie n'a pas grand chose à nous enseigner dans le domaine. Ce n'est en effet pas comme si nous avions besoin que l'on nous apporte la preuve de notre tendance à préférer un groupe à un autre. Il suffit de regarder l'Histoire pour en trouver quelques exemples.

Pourtant, un psychologue, Henri Tajfel, nous a appris quelque chose d'important en la matière: il a démontré le peu d'encouragement dont nous avons besoin pour traiter les gens différemment, simplement parce qu'ils font partie de tel ou tel groupe social.

En tant que psychologue social, M.Tajfel voulait déterminer ce qui faisait changer d'avis une personne impartiale. Il a décidé d'observer notre façon de penser lorsque nous faisons partie d'un groupe, même si le groupe en question n'avait pas d'importance historique, culturelle ou pragmatique, comme c'est généralement le cas. Pour ce faire, il a imaginé ce que l'on appelle désormais le "paradigme du groupe nominal".

Voici comme cela fonctionne: les sujets sont séparés en deux groupes de façon arbitraire (couleur des yeux, peintures préférées ou encore tout simplement par "pile ou face"). La formation du groupe n'a en effet pas d'importance, du moment que chacun fasse partie d'un groupe et qu'il sache duquel il s'agit.

Une fois que les participants savent de quel groupe ils font partie, ils sont séparés de façon à être seuls au moment de prendre une série de décisions au sujet du partage de récompenses au sein du groupe. À partir de là, l'appartenance à un groupe est tout à fait abstraite: personne ne peut être vu et aucun nom n'est connu (on désigne les autres membres du groupe par leur numéro anonyme). Ainsi, les participants proposent des choix du type: "Le membre numéro 74 (groupe A) se voit attribuer 10 points et le membre 44 (groupe B) se voit attribuer 8 points", ou "le membre numéro 74 (groupe A) se voit attribuer 2 points et le membre 44 (groupe B) se voit attribuer 6 points" (les points sont convertis en argent).

Vous ne serez pas surpris d'apprendre que les participants montrent du favoritisme envers les membres de leur propre groupe au moment de partager l'argent. Les personnes du groupe A choisissent le plus souvent la première proposition. Ce qui est surprenant, en revanche, est que les participants montrent tout de même du favoritisme, même si cela leur fait perdre des points. Ainsi, les membres du groupe B choisissent parfois la seconde option, et ce en dépit du fait qu'elle leur rapporte moins de points.

Les sujets semblent opter pour la récompense maximale mais ont aussi tendance à faire en sorte que la différence entre les deux groupes soit la plus grande possible.

Rappelons que si les participants savent à quel groupe ils appartiennent, ils savent aussi qu'ils n'en faisaient pas partie avant l'expérience, que le choix était arbitraire et complètement aléatoire et que les groupes formés n'existeraient plus après l'expérience. Ils savent en outre que leurs choix ne les affectera pas directement (on leur explique clairement qu'ils n'auront pas à faire de choix à propos d'eux-mêmes). Pourtant, cela suffit pour provoquer du favoritisme.

Il semble donc que nous avons tendance à interpréter le moindre signe pour traiter différemment les gens en fonction de leur groupe d'appartenance. Le travail de M. Tajfel laisse penser que les a priori au sein d'un groupe sont aussi fondamentaux dans la pensée que l'acte de catégorisation en lui-même. Si nous voulons contribuer à un monde plus juste, nous devons nous efforcer d'être sur nos gardes afin d'empêcher cet instinct de prendre le dessus.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1506/Sciences/article/detail/1612089/2013/04/10/Comment-naissent-les-prejuges.dhtml



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